Chapitre 18

 

 

VERSOPN IMPRIMABLE

 

 

 

REGULATION DU METABOLISME ENERGETIQUE

 

 

 

 

 

 

OBJECTIFS

 

De l’enseignant

  • Donner une vue plus précise de la régulation se référant à la régulation énergétique
  • Bien préciser les acteurs en jeu, hormones, réserves énergétiques, échanges tissulaires, etc.
  • Bien définir les hormones : structure et synthèse, mécanisme d’action, rôle métabolique, interactions et antagonismes.
  • Montrer comment l’organisme fait face au problème vital de l’hypoglycémie grâce aux systèmes mis en œuvre.
  • Insister sur les dangers de l’hypoglycémie associée à l’alcoolisme.

 

De l’étudiant

 

Pour atteindre les objectifs de ce chapitre l’étudiant doit avoir assimilé les bases du métabolisme énergétique et les interactions entre les différents tissus par le biais de leurs échanges de substrats. Ensuite ses objectifs seront les suivants :

 

  • Bien connaître les acteurs en jeu, hormones, réserves énergétiques, échanges tissulaires, etc.
  • Bien Connaître les mécanismes d’action, rôle métabolique, interactions et antagonismes des hormones impliquées.
  • Bien assimiler comment l’organisme fait face au problème vital de l’hypoglycémie grâce aux systèmes mis en œuvre.
  • Prendre conscience des dangers de l’hypoglycémie associée à l’alcoolisme.

 

 

 


 

PLAN

OBJECTIFS

1 – INTRODUCTION

2 – HORMONES IMPLIQUEES DANS LA REGULATION DU METABOLISME ENERGETIQUE

2.1 - L’INSULINE

2.1.1 – STRUCTURE ET SYNTHESE

2.1.2 – SECRETION ET REGULATION

2.1.3 – MECANISME D’ACTION

2.1.4 – EFFETS METABOLIQUES

2.2 - Le glucagon

2.2.1 - STRUCTURE

2.2.2 – Stimulation et inhibition de la secretion du glucagon

2.2.3 – MECANISME D’ACTION

2.2.4 – EFFETS METABOLIQUES

2.3 - L’adrénaline et la noradrenaline

2.3.1 -  MECANISME D’ACTION

2.3.2 – EFFECTS METABOLIQUES

2.4 – cortisol

3 – HYPOGLYCEMIE ET SA GESTION  MAR L’ORGANISME

3.1 - types  et symptomes

3.1.1 - Hypoglycémie post prandiale

3.1.2 - Hypoglycémie du jeûne

3.2 - Les systemes de régulation de la glycemie

3.2.1 - Système glucagon-adrénaline

3.2.2 - Système cortisol et substances de croissance

3.3 – hypoglycemie et l’alcoolISME

 


 

 

1 – INTRODUCTION

 

Le métabolisme énergétique des animaux se résume essentiellement de la façon suivante :

-          Production de l’ATP et des précurseurs de biosynthèse à partir des glucides, des  lipides et accessoirement des protéines.

-          Mise en réserve de l’énergie sous forme de glycogène et de triacylglycérols (triglycérides) lorsque l’approvisionnement en aliments dépasse les besoins de l’organisme.

 

Ce métabolisme est soumis à une régulation complexe. Celle-ci met en jeu des hormones et prend en compte, chez l’homme et les animaux, les réserves énergétiques, les échanges entre les tissus et les besoins journaliers de l’organisme.La régulation est mise en œuvre lorsque se produit une inadéquation entre l’apport alimentaire journalier et les besoins quotidiens de l’organisme.

 

Les réserves énergétiques chez un adulte de 70 kg se répartissent de la façon suivante :

 

- Glucides :

  • Glycogène hépatique : 100 g (6 à 8% du poids frais du foie)
  • Glycogène musculaire : 400 g  (1 à 2% de la masse fraîche totale)
  • Glycogène sanguin : 20 g

 

- Lipides de réserve (triacylglycérols du tissu adipeux) : 13 000 à 14 000 g

 

- Protéines musculaires : 6000 g

 

Un régime est considéré comme équilibré si l’apport énergétique journalier contient :

-          60 % de glucides

-          30 % de lipides

-          10 % de protéines.

 

La régulation énergétique est aussi à l’origine des échanges entre les tissus suvant leurs états nutritionnels pendant les périodes absorptives, post absorptives et le jeûne. Ces échanges ont fait l’objet du chapitre 17. Dans ce nouveau chapitre nous allons nous intéresser aux hormones qui sont à la base de cette régulation énergétique, à leur mécanisme et à leurs effets métaboliques.

 

OBJECTIFS

1 – INTRODUCTION

2 – HORMONES IMPLIQUEES

2.1 - L’INSULINE

2.2 - Le glucagon

2.3 - L’adrénaline

2.4 – cortisol

3 – HYPOGLYCEMIE  

 

 

 

2 – HORMONES IMPLIQUEES DANS LA REGULATION DU METABOLISME ENERGETIQUE

 

L’un des exemples les plus intéressants de régulation chez les animaux concerne la régulation du métabolisme énergétique. La régulation de la glycémie, qui ajuste à chaque instant, le taux du glucose sanguin, est sous la dépendance de trois hormones principales : l’insuline, le glucagon et l’adrénaline. L’Insuline est l’hormone majeure du contrôle du métabolisme énergétique. Le glucagon , l’adrénaline et d’autres hormones comme la noradrénaline et le cortisol ont des effets métaboliques destinés à contrecarrer ceux de l’insuline.

 

2.1 - L’insuline

L’Insuline est l’hormone majeure du contrôle du métabolisme énergétique. Elle coordonne l’utilisation des substrats énergétiques. Ses effets sont anaboliques, favorisant les synthèses à savoir la glycogénogenèse, la lipogenèse et la protéogenèse.

2.1.1 – STRUCTURE ET SYNTHESE

            L’insuline est formée de 51 acides aminés, arrangés en deux  chaînes polypeptidiques A  (a) et B (b) reliées par 2 ponts disulfures. A l’intérieur de la chaîne A il existe un pont disulfure supplémentaire qui lie les résidus des acides aminés 6 et 11. La structure de l’insuline humaine ne diffère de celle de l’insuline du porc que par l’acide aminé C terminal de la chaîne B. Par hémisynthèse il suffit de remplacer l’alanine (C terminal) de la chaîne B de l’insuline du porc par la thréonine pour obtenir  l’insuline humaine.

 

            La biosynthèse de l’insuline implique deux étapes intermédiaires conduisant à la formation de deux précurseurs inactifs : préproinsuline et proinsuline (figure 1). Des clivages enzymatiques séquentiels fournissent l’insuline active, qui, une fois synthétisée, est stockée dans des vésicules cytosoliques en attendant leur sécrétion par exocytose sous l’action de stimuli spécifiques. La demi-vie de l’insuline dans le plasma est faible (environ 6 min), ce qui permet un ajustement rapide de l’insuline dans le sang.

Figure 1 : Etapes de la synthèse de l’insuline et structure finale. Elle est synthétisée sous forme de préproinsuline qui subit des clivages séquentiels qui l’amènent à sa structure définitive.

2.1.2 – SECRETION ET REGULATION

            La production de l’insuline par les cellules b des îlots de Langerhans du pancréas est étroitement coordonnée à celle du glucagon par les cellules a. La régulation du taux relatif de l’insuline et du glucagon contrôle l’aptitude du foie à maintenir, à un niveau constant, l’approvisionnement en glucose des tissus périphériques. La production de l’insuline par les cellules b répond à une variété de stimuli à savoir le glucose, les acides aminés, les hormones gastro-intestinales  et le glucagon.

 

  • Le glucose est le stimulus le plus important pour  la production de l’insuline et auquel les cellules b sont les plus sensibles chez les animaux. Un repas riche en glucides élève la sécrétion du l’insuline et diminue celle du glucagon.
  • Les acides aminés, résultant de l’hydrolyse des protéines d’un repas, entraînent une sécrétion accrue de l’insuline. L’acide aminé qui se comporte comme le stimulus le plus efficace est l’arginine.
  • Les hormones gastro-intestinales contribuent aussi à l’augmentation de la sécrétion de l’insuline à la suite d’un repas. Elles ont un rôle d’anticipation, déclenchant la sécrétion de l’insuline avant l’effet de l’élévation sanguine en glucose. Ceci permet d’expliquer pourquoi on observe une sécrétion d’insuline plus importante lorsqu’une même quantité de glucose est administrée  par voie orale que par voie veineuse.
  • Le glucagon voit sa sécrétion inhibée par le glucose pendant que ce dernier stimule celle de l’insuline. On en conclut que la sécrétion de l’insuline inhibe celle du glucagon, ce qui constitue un contrôle du glucagon  par l’insuline. Dans le cas du diabète du type 1, plusieurs symptômes de la maladie seraient le fait des effets métaboliques incontrôlés du glucagon, suite à la non sécrétion de l’insuline.

 

La synthèse et la sécrétion de l’insuline sont inhibées en l’absence de substrats énergétiques et en cas de traumatisme.  Dans ce dernier cas, le contrôle du métabolisme énergétique est récupéré par l’adrénaline sécrétée par la médullosurrénale, en réponse au stress ou au traumatisme.

2.1.3 – MECANISME D’ACTION

            L’insuline, une fois libérée,  va se lier aux membranes des cellules-cibles qui possèdent des récepteurs spécifiques transmembranaires du type catalytique. Chaque récepteur a deux domaines (figure 2) :

 

- un premier domaine extracellulaire qui fixe l’insuline (ligand) ;

- un second domaine intracellulaire, lié à l’activité tyrosine kinase. 

 

La fixation de l'insuline, à son récepteur, active l’activité tyrosine kinase intrinsèque, qui phosphoryle des tyrosines spécifiques au niveau  des sous-unités b du récepteur (autophosphorylation) avant de phosphoryler les résidus tyrosine des protéines cibles. Des phosphorylations en cascade sont initiées au niveau intracellulaire portant sur les groupes hydroxyles des sérines des enzymes ou protéines cibles.

 

L’un des effets intracellulaires de l’insuline est l’activation par phosphorylation d’une protéine phosphatase. Cette dernière, une fois activée, active ou inhibe, à son tour, par déphosphorylation, certaines enzymes-clés ou protéines phosphorylées par la protéine kinase A, annihilant ainsi les effets antérieurs du glucagon ou de l’adrénaline. On comprend ainsi les effets antagonistes entre l’insuline d’une part et les autres hormones d’autre part,  intervenant dant la régulation du métabolisme énergétique.

 

2.1.4 – EFFETS METABOLIQUES

            Un repas riche en glucides augmente la teneur du sang en glucose en provenance de l’estomac et des intestins. Ce signal est perçu et provoque une sécrétion de l’insuline en même temps qu’un ralentissement de la sécrétion du glucagon. Ses effets sont très importants sur trois tissus : le foie, le muscle squelettique et le tissu adipeux. L’insuline est responsable des effets métaboliques cités ci-après.

 

Métabolisme glucidique

·     Dans le foie l’insuline inhibe la néoglucogenèse et la mobilisation du glycogène par  l’inactivation de la glycogène phosphorylase.

·     Dans le muscle et dans le foie l’insuline active la synthèse du glycogène.

·     Dans le muscle et le tissu adipeux l’insuline stimule l’entrée du glucose et accroît le nombre de transporteurs transmembranaires du glucose (GLUT4). Le prélèvement accéléré du glucose dans le sang diminue la glycémie et entraîne par voie de conséquence la baisse de la sécrétion de l’insuline

 

 

Figure 2 : Mécanisme d’action de l’insuline : La formation du complexe récepteur-insuline active une protéine kinase tyrosine-spécifique qui assure une autophosphorylation du récepteur avant de phosphoryler le premier substrat cible intracellulaire. Des réaction de phosphorylation en cascade conduisent à des effets intracellulaires.

 

 

Métabolisme lipidique

·     Au niveau du tissu adipeux l’insuline inhibe la mobilisation des triglycérides en désactivant les enzymes hormono-sensibles comme la triglycéride lipase, d’où la réduction du taux des acides gras dans le sang.

·     L’insuline stimule la conversion de l’excès du glucose en acides gras. Elle accroît  la synthèse des triacylglycérols en activant les lipoprotéines lipases qui libèrent les acides gras. En favorisant l’entrée  du glucose et en stimulant la glycolyse dans les adipocytes, elle permet la fourniture du glycérol 3-è, nécessaire à la synthèse des triacylglycérols.

 

Métabolisme des acides aminés et des protéines

 

L’insuline favorise l’entrée des acides aminés en vue de la synthèse protéique dans la majorité des tissus

 

Par ses effets anaboliques l’insuline permet la reconstitution des réserves du glycogène dans le foie et dans les muscles squelettiques,  et  la conversion des excès du glucose et des acides gras en triacylglycérols en vue de leur stockage dans le tissu adipeux.

 

OBJECTIFS

1 – INTRODUCTION

2 – HORMONES IMPLIQUEES

2.1 - L’INSULINE

2.2 - Le glucagon

2.3 - L’adrénaline

2.4 – cortisol

3 – HYPOGLYCEMIE  

 

 

2.2 - Le glucagon

L’utilisation continue du glucose par le cerveau et les autres tissus entraîne, au bout de quelques heures après un repas même en l’absence d’effort physique, un abaissement du taux du glucose au-dessous de 4.5 mM.  La chute du glucose à ce niveau déclenche la synthèse et la sécrétion du glucagon et ralentit celle de l’insuline.

2.2.1 - STRUCTURE

            Le glucagon est une hormone peptidique, synthétisée par les cellules a des îlots de Langerhans du pancréas. Il est constitué de 29 acides aminés, arrangés dans une seule chaîne peptidique. Contrairement à l’insuline, la séquence peptidique est la même chez tous les mammifères, dont les séquences ont été analysées à ce jour. Il est synthétisé sous forme d’un précurseur, qui, par clivages séquentiels, fournit l’hormone active.

2.2.2 – Stimulation et inhibition de la secretion du glucagon

            Les cellules a répondent à des signaux indiquant une hypoglycémie ou destinés à anticiper des besoins en glucose par la sécrétion du glucagon.  Les stimuli sont variés : abaissement du taux du glucose sanguin, acides aminés, adréaline, etc.

 

·         L’abaissement du taux de glucose plasmatique est le premier stimulus pour la sécrétion du glucagon. Pendant la phase post-absorptive et pendant le jeûne prolongé c’est le glucagon qui permet de maintenir la glycémie à un niveau constant.

·         Après un repas riche en protéines, les acides aminés issus de leur hydrolyse stimulent à la fois la sécrétion du glucagon et celle de l’insuline. Le glucagon contrecarre les effets de l’insuline, qui entraîneraient une hypoglycémie par prélèvement du glucose,

·         L’adrénaline, provenant de la médullo-surrénale, et la noradrénaline, produite par le système sympathique innervant le pancréas, activent la sécrétion du glucagon. Grâce à l’action de ces deux dernières hormones, le taux élevé du glucagon dans le sang permet à l’organisme de répondre aux besoins en glucose pendant le stress et les traumatismes ou d’anticiper ses besoins en cas d’efforts physiques mportants.

 

La sécrétion du glucagon est inhibée par une forte concentration du glucose dans le sang et par l’insuline après un repas riche en glucides.

 

 

Figure 3 : Mécanisme d’action du glucagon ou de l’adrénaline : On assiste à une cascade de réactions dont l’effet intracellulaire recherché est la libération du glucose dans le sang.

 

2.2.3 – MECANISME D’ACTION

Les effets métaboliques observés sont les résultats de  la transduction de l’hormone. Elle consiste en une cascade de réactions, (figure 3) :

  • La fixation du glucagon sur son récepteur membranaire spécifique entraîne l’activation d’une adénylate cyclase (adénylcyclase) membranaire.
  • L’adénylate cyclase activée catalyse, par hydrolyse de l’ATP,  la formation de l’AMP cyclique (AMPc), considéré comme un second messager.
  • L’AMPc se fixe sur la protéine kinase A (AMPc dépendante) et la libère de sa sous-unité régulatrice (inhibitrice).
  • La protéine kinase A, ainsi activée, active à son tour par phosphorylation, en présence de l’ATP, la glycogène phosphorylase.
  • Enfin cette dernière phosphoryle la glycogène phosphorylase en la faisant passer de la forme b à la forme a qui catalyse la phosphorolyse du glycogène.

 

2.2.4 – EFFETS METABOLIQUES

  • Le glucagon stimule la néoglucogenèse hépatique et inhibe la glycolyse (voir régulation coordonnée des deux processus dans le foie, chapitre 8).  Il stimule la mobilisation (dégradation) du glycogène hépatique par l’activation de  la glycogène phosphorylase. La glycogène syntase est inhibée. Il en résulte une augmentation du taux du glucose sanguin. Le glycogène musculaire n’est pas sollicité.
  • Le glucagon stimule l’oxydation des acides gras hépatiques et active la formation des corps cétoniques à partir des acétyl-CoA produits. Ses effets sur l’activation de la  triglycéride lipase et la mobilisation des triacylglycérols des adipocytes est faible chez les humains.
  •  Le glucagon active le prélèvement des acides aminés par le foie et leur désamination. Il en résulte une stimulation de la production de squelettes carbonés glucoformateurs, précurseurs de la synthèse du glucose.

 

On peut conclure que les effets précédents combinés du glucagon contribuent à la restauration du taux du glucose dans le sang et à fournir une source d’énergie alternative sous forme de corps cétoniques en cas de besoin pour le foie lui-même et les autres tissus périphériques.

 

 

OBJECTIFS

1 – INTRODUCTION

2 – HORMONES IMPLIQUEES

2.1 - L’INSULINE

2.2 - Le glucagon

2.3 - L’adrénaline

2.4 – cortisol

3 – HYPOGLYCEMIE  

 

 

2.3 - L’adrénaline et la noradrenaline

L’adrénaline et la noradrénaline font partie des amines à activité biologique, appelées catécholamines. Elles dérivent de la tyrosine (voir structure sur la figure 4). Elles sont  produites par la médullo-surrénale et stockées dans des vésicules en attendant leur excrétion. La  noradrénaline est aussi produite par le système nerveux et fonctionne alors comme un neurotransmetteur. Ce sont des signaux d’action immédiate : combat ou fuite.

 

 

Figure 4 : Structure de l’Adrénaline (Epinéphrine) et de la Noradrénaline (Norépinephrine)

 

L’adrénaline ou la noradrénaline sont sécrétées en réponse aux signaux en provenance du cerveau. Elles déclenchent l’augmentation du rythme cardiaque, l’augmentation de la pression artérielle et de la ventilation pulmonaire avec un accroissement du flux d’oxygène.  L’action de ces deux hormones portent essentiellement sur le foie, les muscles et le tissu adipeux.

2.3.1 -  MECANISME D’ACTION

Le mécanisme d’action de ces deux hormones est le même que celui du glucagon sauf qu’elles possèdent leurs récepteurs spécifiques différents de celui du glucagon (voir figure 3).

 

2.3.2 – EFFECTS METABOLIQUES

 

  • Dans le foie l’adrénaline et la noradrénaline déclenchent la glycogénolyse, conversion du glycogène en glucose excrété dans le sang, avec une inhibition de la glycogène synthase.
  • Dans le muscle strié l’adrénaline et la noradrénaline provoquent la dégradation du glycogène et stimulent la glycolyse anaérobie.
  • Dans les tissus adipeux l’adrénaline et la noradrénaline entraînent l’hydrolyse des triacylglycérols en activant la triglycéride lipase.
  • Enfin l’adrénaline et la noradrénline activent la sécrétion du glucagon et inhibent l’action de l’insuline. Elles renforcent ainsi la capacité de mobilisation des réserves glucidiques.

 

OBJECTIFS

1 – INTRODUCTION

2 – HORMONES IMPLIQUEES

2.1 - L’INSULINE

2.2 - Le glucagon

2.3 - L’adrénaline

2.4 – cortisol

3 – HYPOGLYCEMIE  

 

 

2.4 – cortisol

            Le cortisol fait partie des hormones du cortex surrénal dont la sécrétion est contrôlée par l’hypothalamus (figure 5). Ses cellules cibles sont les fibroblastes et les hépatocytes. Le récepteur spécifique se situe dans le cytosol. Le complexe récepteur/cortisol pénètre dans le noyau où il contrôle l’expression de gènes spécifiques. Ses effets ne sont visibles qu’à long terme. En effet il stimule généralement la dégradation des protéines musculaires en acides aminés d’où le foie tire des squelettes carbonés glucoformateurs pour la néoglucogenèse.

Figure 5 – Structure du cortisol

 

3 – HYPOGLYCEMIE et sa gestion par l’organisme

 

L’hypoglycémie est l’un des grands problèmes auxquels l’organisme humain doit faire face dans le cadre de la régulation du métabolisme énergétique. En effet, le système nerveux central a un besoin absolu en glucose dont la fourniture doit être contiue  et à un niveau constant. Une hypoglycémie transitoire peut causer un dysfonctionnement du cerveau. Une hypoglycémie sévère ou  prolongée provoque des dégâts irréversibles au cerveau. C’est pour cette raison qu’un certain nombre de processus existent et peuvent être mobilisés rapidement pour lutter efficacement contre la survenue de l’hypoglycémie. Ils reposent sur la sécrétion d’un taux élevé de glucagon et d’adrénaline et sur l’abaissement consécutif du taux de l’insuline sanguine.

3.1 - types  et symptomes

On considère qu’il y a hypoglycémie lorsque le taux sanguin en glucose s’abaisse jusqu’à 45 mg/dl ou descend plus bas. On peut distinguer deux types : l’hypoglycémie post prandiale et l’hypoglycémie de jeûne.

 

3.1.1 - Hypoglycémie post prandiale

 L’hypoglycémie post prandiale résulte de la sécrétion élevée de l’insuline à l’issue d’un repas riche en glucides. Elle entraîne un prélèvement important du glucose dans le sang et la stimulation de son entrée dans les tissus périphériques. Cette hypoglycémie disparaît au bout de quelques heures avec l’abaissement de l’insuline et la sécrétion du glucagon même si l’individu n’est pas alimenté. Les symptômes observés sont qualifiés adrénergiques modérés, se manifestant par de l’anxiété, des palpitations et des tremblements. Les sujets  sensibles à ce type d’hypoglycémie sont invités à faire plusieurs petits repas au lieu des trois repas traditionnels.

 

3.1.2 - Hypoglycémie du jeûne

L’hypoglycémie du jeûne relève du domaine médical et nécessite une prise en charge efficace. Les symptômes liés à ce second type d’hypoglycémie sont neuroglycopéniques. La neuroglycopénie se caractérise par un approvisionnement irrégulier du cerveau en glucose. Il s’ensuit un fonctionnement anormal qui se traduit par des maux de tête, un langage incohérent, le coma puis la mort. Ces symptômes sont observés chez des individus

  • dont le foie endommagé ne libère plus assez de glucose dans le sang,
  • dont les tissus périphériques consomment de grandes quantités de glucose
  • qui ont consommé de grandes quantités d’alcool
  • dont les cellules b produisent des quantités excessives d’insuline dans le cas d’une tumeur pancréatique.

 

Non traités ces individus perdent rapidement conscience et tombent dans le coma.

3.2 - Les systemes de régulation de la glycemie

            Chez les humains l’organisme dispose de deux systèmes pour combattre  l’hypoglycémie : le premier associe le glucagon et l’adrénaline pour les crises de courte durée, le second fait appel au cortisol et aux substances de croissance  pour le long terme.

 

En réponse à une concentration anormalement basse du glucose dans le sang, on observe à la fois :

- la stimulation de la sécrétion du glucagon au niveau des cellules a des îlots de Langerhans du pancréas

- la stimulation de l’hypothalamus qui va initier et contrôler

  • la production de la noradrénaline par le système nerveux sympathique
  •  la production de l’adrénaline, sous l’action du système nerveux sympathique, par la médullo-surrénale,
  • La production du cortisol par la corticosurrénale sous l’action de l’ ACTH (Adrenocorticotropic hormon) par l’hypophyse.

3.2.1 - Système glucagon-adrénaline  

            C’est le système de réaction rapide le plus important en cas d’hypoglycémie. On retrouve ces deux hormones en quantité importante dans le sang. Le glucagon active dans le foie la néoglucogenèse et la mobilisation du glycogène par glycogénolyse. L’adrénaline (épinéphrine) stimule à la fois la glycogénolyse et la lipolyse et inhibe la sécrétion de l’insuline  pour l’empêcher de favoriser l’entrée du glucose dans les tissus périphériques. Son action est cruciale en cas de déficience de la sécrétion du glucagon, observée pendant les premiers stades de l’installation du diabète du type I (insulino-dépendant). La progression de ce type de diabète provoque aussi à la longue une neuropathie qui affecte la sécrétion de l’adrénaline. Il en résulte que les deux déficiences cumulées en glucagon et en adrénaline rendent les patients concernés très vulnérables à l’hypoglycémie.

3.2.2 - Système cortisol  et substances de croissance

            Ce deuxième système n’intervient que dans la gestion à long terme de l’hypoglycémie. Le cortisol est glucocorticoïde, synthétisé dans le cortex surrénalien. Il se lie à son récepteur cytosolique dans les cellules cibles. Le complexe formé pénètre dans le noyau et se fixe sur la région promotrice de gènes spécifiques dont il contrôle l’expression. Le cortisol stimule la néoglucogenèse dans le foie, l’hydrolyse des protéines dans les muscles striés et la dégradation des graisses.

3.3 – hypoglycemie et l’alcoolISME

La métabolisation de l’alcool dans l’organisme repose sur une séquence de deux réactions d’oxydation (figure 6) :

L’alcool est oxydé en éthanal ou acétaldéhyde par l’alcool déshydrogénase suivant la réaction :

CH3CH2OH + NAD+  ¬¾® CH3CHO + NADH,H+

 

L’éthanal formé est ensuite oxyde en alcool par l’éthanal déshydrogénase suivant la réaction :

CH3CHO + NAD+  + H2O ¬¾® CH3COO- + H++ NADH,H+

Figure 6 -  L’hypoglycémie éthylique est provoquée en cas de consommation excessive d’alcool. L’oxydation de l’alcool produit des [NADH,H+] qui réduisent le pyruvate et l’oxaloacétate. Ces deux précurseurs sont ainsi détournés de la néoglucogenèse.

 

 

En cas de consommation abondante d’alcool, ces deux réactions produisent de grandes quantités de NADH,H+ qui vont réduire le pyruvate et l’oxaloacétate respectivement en lactate et en malate. Le pyruvate et l’oxaloacétate, principaux précurseurs, une fois bloqués sous leur forme réduite, sont  détournés de la néoglucogenèse.

 

Les personnes qui s’adonnent à l’alcool sont souvent mal nourries et dépourvues de réserves glycogéniques hépatiques. Leur organisme ne peut compter que sur la néoglucogenèse pour maintenir la glycémie. On comprend alors que ces personnes fassent des crises aiguës d’hypoglycémie avec un approvisionnement inadéquat du glucose au cerveau. Il en résulte chez ces individus des maux de tête, un jugement incontrôlé et une augmentation de leur agressivité sous l’effet de l’alcool.

 

 

OBJECTIFS

1 – INTRODUCTION

2 – HORMONES IMPLIQUEES

2.1 - L’INSULINE

2.2 - Le glucagon

2.3 - L’adrénaline

2.4 – cortisol

3 – HYPOGLYCEMIE  

 

 

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